En bref
- Selon les fiches fabricants consultées, une prise connectée consomme de 0,5 W (Zigbee) à 1,64 W (Wi-Fi, relais fermé) en permanence, soit 4 à 14 kWh par an.
- Au prix Base du Tarif Bleu au 1er août 2026 (20,01 c€ TTC/kWh), cela représente de 0,88 € à 2,88 € par an et par prise.
- Pour couper une veille 20 heures par jour, la prise ne rapporte d'énergie que si l'appareil consomme plus d'environ 1 W en veille (calcul avec une prise à 0,64 W relais ouvert et 1,64 W relais fermé).
- Sur un décodeur TV à 4,1 W de veille, la moyenne Arcep, le gain net ressort à environ 23 kWh, soit 4,57 € par an. Sur un appareil à 0,5 W de veille, la prise fait perdre de l'argent.
- La prise connectée ne se branche pas sur un chauffe-eau ou un radiateur sans vérifier la charge maximale de la fiche, souvent 10 à 16 A.
Une prise connectée consomme elle-même de l’électricité en permanence : de 0,5 à 1,64 W selon les fiches techniques consultées, soit 4 à 14 kWh par an et 0,88 à 2,88 € au prix Base d’août 2026. Elle ne fait donc économiser que si l’appareil qu’elle coupe consomme nettement plus qu’elle en veille. Pour une coupure de 20 heures par jour, le seuil se situe autour de 1 W : en dessous, la prise coûte plus qu’elle ne rapporte.
Combien d’électricité une prise connectée consomme-t-elle en veille ?
Une prise connectée contient une petite alimentation, un circuit radio et un relais, l’interrupteur électrique qui ouvre ou ferme le courant vers l’appareil. Ces composants restent alimentés en permanence, pour que la prise reste joignable depuis l’application. C’est sa consommation propre, qu’on paie même quand rien n’est branché dessus.
Les fabricants la publient, mais pas toujours de la même façon. Le tableau reprend trois fiches techniques, choisies parce qu’elles donnent un chiffre explicite.
| Prise (protocole) | Valeur publiée par le fabricant | Par an (8 760 h) | Coût annuel à 20,01 c€/kWh |
|---|---|---|---|
| Tapo P110 (Wi-Fi), relais ouvert | 0,64 W (page produit) | 5,6 kWh | 1,12 € |
| Tapo P110 (Wi-Fi), veille en réseau | 1,3 W (notice UE) | 11,4 kWh | 2,28 € |
| Tapo P110 (Wi-Fi), relais fermé | 1,64 W (page produit) | 14,4 kWh | 2,88 € |
| Shelly Plus Plug S (Wi-Fi) | moins de 1 W | moins de 8,8 kWh | moins de 1,75 € |
| Nous A1Z (Zigbee) | 0,5 W en veille | 4,4 kWh | 0,88 € |
Le prix du kWh est celui de l’option Base 6 kVA du Tarif Bleu, 20,01 c€ TTC au 1er août 2026, d’après la grille tarifaire EDF. Les marques ne sont citées qu’en exemple, parce que leurs fiches donnent un chiffre ; ce n’est ni un test ni un classement.
Pourquoi deux chiffres pour la même prise ?
Le cas de la Tapo P110 est instructif. Sa page produit annonce 0,64 W relais ouvert. Sa notice européenne, dans la partie consacrée aux obligations réglementaires, indique 1,3 W en veille avec maintien de la connexion au réseau. Les deux chiffres ne mesurent sans doute pas le même état, et la notice ne le précise pas.
Pour un calcul prudent, retenez la valeur la plus haute publiée pour votre modèle. Et retenez surtout l’autre chiffre : relais fermé, quand l’appareil branché est alimenté, la prise consomme davantage, 1,64 W pour ce modèle : un watt de plus, qui correspond à l’état fermé du relais.
Combien consomme une prise connectée par an ?
En pratique, une prise passe une partie du temps relais ouvert et une partie relais fermé. Une prise qui alimente un appareil 4 heures par jour et le coupe 20 heures consomme, avec les chiffres de la page produit Tapo, 1,64 W × 4 h + 0,64 W × 20 h, soit 19,4 Wh par jour. Sur un an, cela fait 7,1 kWh, environ 1,41 €.
Multipliez par le nombre de prises. Dix prises connectées réparties dans la maison, c’est de l’ordre de 50 à 140 kWh par an selon les modèles et leur usage : autant, voire plus, qu’une box internet, dont nous détaillons la consommation en watts et en kWh.
Prise connectée Wi-Fi ou Zigbee : laquelle consomme le moins ?
D’après les fiches consultées, la prise Zigbee consomme un peu moins : 0,5 W contre 0,64 à 1,64 W pour la prise Wi-Fi. L’écart s’explique par le protocole. Le Zigbee est une radio à faible consommation, conçue pour la domotique, qui passe par une passerelle. Le Wi-Fi se connecte directement à la box, mais sa puce consomme davantage.
La comparaison doit pourtant inclure la passerelle. Une prise Zigbee ne parle pas directement à internet : elle a besoin d’un boîtier relié à la box, alimenté en permanence. Sa consommation figure sur sa fiche technique et se répartit entre tous les objets qu’elle pilote. Pour une ou deux prises, la passerelle efface l’avantage du Zigbee ; pour vingt objets, elle devient négligeable.
Une prise Zigbee branchée sur le secteur joue aussi le rôle de routeur : elle relaie les messages des autres objets et étend le réseau. C’est un avantage pour la portée, détaillé dans notre page sur la portée Zigbee à travers les murs. Côté Wi-Fi, la prise exige souvent la bande 2,4 GHz, ce qui complique l’appairage avec certaines box : voir connecter un objet qui exige le Wi-Fi 2,4 GHz.
Couper les veilles avec une prise connectée : le bilan net
C’est l’argument le plus souvent avancé : une prise connectée coupe les veilles et fait baisser la facture. L’ADEME rappelle que les veilles peuvent peser jusqu’à 15 % de la facture d’électricité hors chauffage et eau chaude. Mais une prise connectée ne supprime pas la veille : elle la remplace par la sienne.
Le bilan net se calcule en trois termes, par jour :
- ce que l’on supprime : la veille de l’appareil, pendant les heures de coupure ;
- ce que l’on ajoute pendant la coupure : la consommation de la prise relais ouvert ;
- ce que l’on ajoute pendant l’usage : la consommation de la prise relais fermé.
Le gain net quotidien vaut donc (veille de l’appareil − prise relais ouvert) × heures de coupure − prise relais fermé × heures d’usage.
Quatre cas calculés
Hypothèses communes : coupure 20 heures par jour, usage 4 heures par jour, prise Wi-Fi à 0,64 W relais ouvert et 1,64 W relais fermé, prix de 20,01 c€ par kWh.
| Appareil coupé | Veille retenue | Gain net par jour | Gain net par an | En euros |
|---|---|---|---|---|
| Décodeur TV ancien en veille légère | 6,5 W (moyenne Arcep des plus anciens) | (6,5 − 0,64) × 20 − 1,64 × 4 = 110,6 Wh | 40,4 kWh | + 8,08 € |
| Décodeur TV moyen | 4,1 W (moyenne Arcep) | (4,1 − 0,64) × 20 − 1,64 × 4 = 62,6 Wh | 22,9 kWh | + 4,57 € |
| Appareil à veille de 1 W | 1 W (hypothèse) | (1 − 0,64) × 20 − 1,64 × 4 = 0,64 Wh | 0,2 kWh | + 0,05 € |
| Appareil récent à veille de 0,5 W | 0,5 W (hypothèse) | (0,5 − 0,64) × 20 − 1,64 × 4 = − 9,4 Wh | − 3,4 kWh | − 0,68 € |
Le tableau parle de lui-même. Sur un appareil dont la veille est élevée, la prise rapporte quelques euros par an. Sur un appareil sobre, elle coûte plus qu’elle ne fait gagner, même avant de compter son prix d’achat.
Le seuil de rentabilité
On peut résoudre l’équation pour trouver la veille minimale au-dessus de laquelle la prise fait gagner de l’énergie. Il faut que la veille de l’appareil dépasse prise relais ouvert + prise relais fermé × heures d’usage ÷ heures de coupure.
Avec nos hypothèses, cela donne 0,64 + 1,64 × 4 ÷ 20, soit environ 0,97 W. En dessous d’environ 1 W de veille, couper l’appareil avec cette prise est une perte. Avec la valeur de 1,3 W de la notice, le seuil monte à environ 1,6 W.
Le seuil ne dit rien du prix d’achat. Pour savoir en combien de temps une prise se rembourse, divisez son prix par le gain annuel en euros du tableau. Un gain de 4,57 € par an rembourse lentement une prise, et jamais une prise qui fait perdre de l’argent.
Quand la prise connectée ne rapporte rien
Plusieurs situations courantes font tomber le bilan à zéro, ou en dessous.
- L’appareil a déjà une veille faible. Quand la fiche de l’appareil annonce une veille de l’ordre du demi-watt, la prise consomme autant ou plus.
- L’appareil ne supporte pas d’être coupé. Une box internet, un décodeur qui fait ses mises à jour la nuit, un réfrigérateur ou un congélateur ne se coupent pas.
- La coupure est courte. Une prise qui coupe un appareil deux heures par jour ne supprime presque rien, mais consomme 24 heures sur 24.
- La prise est oubliée. Une prise installée pour une raison qui n’existe plus continue de consommer, sans rien commander.
À l’inverse, la prise rapporte quand elle coupe un groupe d’appareils à forte veille : un ensemble télévision, décodeur, barre de son et console derrière une même multiprise, par exemple. La consommation de la prise est la même, mais la veille supprimée s’additionne.
Prise connectée avec mesure de consommation : ce qu’elle mesure vraiment
Beaucoup de prises connectées mesurent la consommation de l’appareil branché, en watts instantanés et en kWh cumulés. C’est souvent leur usage le plus utile : repérer ce qui consomme dans la maison, avant de décider quoi couper.
Pour une mesure qui a du sens, suivez quelques règles simples :
- Mesurez un seul appareil à la fois, ou un groupe connu, pas une multiprise qui mélange tout.
- Laissez tourner au moins 24 heures, une semaine pour un appareil à cycles comme un réfrigérateur.
- Lisez les kWh cumulés plutôt que les watts instantanés, qui varient d’une seconde à l’autre.
- Ramenez à l’année : kWh mesurés ÷ nombre de jours × 365, puis multipliez par votre prix du kWh.
Les fiches techniques précisent rarement la précision de mesure. Vérifiez la plage et la résolution annoncées : sur certains modèles, une veille de quelques dixièmes de watt peut s’afficher comme 0 W. Pour une veille faible, la mesure sur une semaine, en kWh cumulés, est plus parlante que la lecture instantanée.
La prise ne mesure que ce qui passe par elle, pas sa propre consommation. Pour un bilan complet, ajoutez la valeur de sa fiche, relais fermé pendant la mesure.
Prise connectée et heures creuses : décaler plutôt que couper
Une prise connectée peut aussi décaler la consommation d’un appareil vers les heures creuses, sans la réduire. Le gain vient alors de l’écart de prix entre les deux périodes. Avec l’option Heures creuses du Tarif Bleu au 1er août 2026, le kWh coûte 21,42 c€ en heures pleines et 15,89 c€ en heures creuses, soit 5,53 c€ d’écart.
Prenons l’hypothèse d’un appareil qui consomme 1 kWh par jour et que l’on fait fonctionner entièrement en heures creuses au lieu des heures pleines. Le gain vaut 365 kWh × 0,0553 €, soit 20,18 € par an, dont il faut retrancher la consommation propre de la prise, de l’ordre de 1 à 3 €.
Ce décalage ne marche qu’avec des appareils qui démarrent seuls quand le courant revient : un chargeur, un déshumidificateur, un petit chauffe-plat. Un lave-linge ou un lave-vaisselle à commande électronique ne relance généralement pas son programme après une coupure : pour eux, c’est le départ différé intégré qu’il faut utiliser. Et si vous êtes en option Base, il n’y a rien à décaler : le prix est le même à toute heure.
Multiprise connectée : même logique, à plusieurs
Une multiprise connectée regroupe plusieurs prises commandables, souvent avec des ports USB. Sa consommation propre figure sur sa fiche, et elle est en général plus élevée qu’une prise simple, puisqu’elle alimente plusieurs relais.
Son intérêt est d’appliquer le calcul du bilan net à un groupe. Couper d’un coup tout un coin télévision, chacun avec sa veille, dépasse beaucoup plus facilement le seuil d’environ 1 W. L’ADEME recommande d’ailleurs le principe, avec une simple multiprise à interrupteur que l’on éteint le soir ou pendant les absences.
La multiprise à interrupteur a un avantage net sur sa version connectée : éteinte, elle ne consomme rien. Si l’on accepte d’appuyer sur un bouton chaque soir, c’est la solution la plus économe. La version connectée apporte la programmation et la commande à distance, au prix de sa consommation propre.
Prise programmable mécanique ou prise connectée ?
La prise programmable mécanique, à picots ou à molette, coupe un appareil selon des horaires fixes, sans application. Elle consomme aussi un peu pour faire tourner son mécanisme ; sa fiche technique l’indique rarement.
| Critère | Prise programmable mécanique | Prise connectée |
|---|---|---|
| Consommation propre | Faible, rarement publiée | 0,5 à 1,64 W selon les fiches consultées |
| Commande à distance | Non | Oui, par application ou assistant vocal |
| Mesure de consommation | Non | Oui sur beaucoup de modèles |
| Dépendance au réseau | Aucune | Wi-Fi ou passerelle Zigbee nécessaires |
| Horaires | Fixes, par tranches | Libres, scénarios, conditions |
Pour couper une veille à heures fixes, la prise mécanique suffit. Pour mesurer, commander à distance ou réagir à un événement, la prise connectée s’impose. Dans les deux cas, le calcul du bilan net reste le même.
Ce que l’on ne branche pas sur une prise connectée
Une prise connectée a une charge maximale, inscrite sur sa fiche : par exemple 16 A, soit 3 680 W, pour la Tapo P110, et 12 A pour la Shelly Plus Plug S. La dépasser fait chauffer le relais et les contacts, avec un risque d’incendie. Trois familles d’appareils demandent une vigilance particulière.
- Le chauffe-eau. Il est normalement raccordé en direct sur un circuit dédié, pas sur une prise de courant. Le sujet mérite une page à part : brancher un chauffe-eau sur une prise connectée.
- Les radiateurs et appareils de chauffage. Leur puissance approche vite la limite de la prise, et ils tournent longtemps à pleine charge. Un radiateur électrique se pilote plutôt par son fil pilote.
- Les appareils qui ne supportent pas les coupures : réfrigérateur, congélateur, équipements médicaux, box internet, pompe d’aquarium.
Ne branchez pas non plus une prise connectée derrière une autre prise connectée, ni une multiprise chargée derrière une prise simple : c’est la somme des appareils qui compte. Une prise qui chauffe au toucher, sent le brûlé ou dont le boîtier noircit se débranche immédiatement.
L’essentiel avant d’acheter ou de garder une prise connectée
Une prise connectée n’est pas un appareil d’économie par nature. C’est un outil de commande et de mesure, qui consomme 1 à 3 € d’électricité par an. Elle rapporte quand elle coupe une veille forte ou un groupe d’appareils, et quand elle sert à repérer ce qui consomme.
Avant d’en installer une pour « couper les veilles », faites le calcul du bilan net avec la fiche de la prise et la veille de l’appareil. Si la veille est inférieure à environ 1 W, gardez l’appareil tel quel, ou utilisez une multiprise à interrupteur, qui ne consomme rien une fois éteinte.
Questions fréquentes
Combien d'électricité une prise connectée consomme-t-elle en veille ?
Selon les fiches consultées, de 0,5 W pour une prise Zigbee à 0,64 W pour une prise Wi-Fi relais ouvert, et jusqu'à 1,64 W relais fermé. Sur un an, cela représente 4 à 14 kWh, soit environ 0,90 à 2,90 € au prix Base d'août 2026.
Une prise connectée fait-elle vraiment économiser ?
Seulement si l'appareil qu'elle coupe consomme nettement plus qu'elle en veille. Pour une coupure de 20 heures par jour, le seuil se situe autour de 1 W de veille. Sur un décodeur ancien ou une console, le gain est réel ; sur un téléviseur récent à faible veille, il est nul ou négatif.
Une prise Zigbee consomme-t-elle moins qu'une prise Wi-Fi ?
Un peu, d'après les fiches : 0,5 W pour la prise Zigbee consultée contre 0,64 à 1,64 W pour la prise Wi-Fi. Mais la prise Zigbee exige une passerelle, qui consomme elle aussi en continu. Le bilan dépend du nombre de prises raccordées à cette passerelle.
Faut-il débrancher une prise connectée quand elle ne sert pas ?
Une prise qui ne commande plus rien consomme pour rien, 1 à 3 € par an selon le modèle. Si elle ne sert qu'à mesurer ponctuellement un appareil, on la débranche après la mesure.
Peut-on brancher un chauffe-eau sur une prise connectée ?
Pas sans vérifier la charge maximale de la prise et la façon dont le chauffe-eau est alimenté. Un chauffe-eau est normalement raccordé en direct sur un circuit dédié, pas sur une prise de courant. Le sujet est traité en détail dans notre page dédiée.
Sources et méthode
- TP-Link, page produit Tapo P110 : 1,64 W relais fermé, 0,64 W relais ouvert, charge maximale 3 680 W / 16 A ; notice UE du Tapo P110 : 1,3 W en veille avec maintien de la connexion au réseau
- Shelly, base de connaissances, fiche Shelly Plus Plug S : consommation propre inférieure à 1 W, courant commuté maximal 12 A
- Nous, fiche produit A1Z (prise Zigbee 3.0) : consommation en veille 0,5 W
- Arcep, enquête « Pour un numérique soutenable », édition 2026 (données 2024) : décodeur TV à 4,1 W en veille en moyenne, 6,5 W pour les plus anciens
- ADEME, guide « Comment réduire sa facture d'électricité ? » : veilles jusqu'à 15 % de la facture hors chauffage et eau chaude, recommandation de la multiprise à interrupteur
- EDF, grille de prix du Tarif Bleu au 1er août 2026 : Base 6 kVA à 20,01 c€ TTC/kWh
- Bilans nets et seuil de rentabilité : calculs de la rédaction à partir de ces fiches, hypothèses affichées ; aucune mesure n'a été faite par le site